PHILIPPE SANDRIN, PDG de TIB, un homme d’actions

Philippe Sandrin

Philippe Sandrin, PDG de TIB, un homme d’actions

 

 

Nous sommes en 2014, journaliste spécialisé, j’avais entendu parler de la Tôlerie Industrielle de Brézolles (28), plus connue sous l’abréviation TIB, une entreprise rachetée en 2004 par Philippe Sandrin qui a poursuivi et développé la fabrication d’ambulances rouges ou blanches dotées de cellules sanitaires très spécifiques entièrement conçues par le constructeur carrossier  « Lorsque j’ai repris l’entreprise, il y avait 30 personnes pour un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros pour 14 millions aujourd’hui. Nous employons plus de 100 collaborateurs, dont 3 de mes enfants, et nous avons intégré tous les postes de travail à l’exception du traitement de surface. La cataphorèse est sous-traitée. Cela nous donne une très grande autonomie et une force sur un marché très exigeant » annonce le chef d’entreprise qui est sur un marché très contrôlé et normatif (AFNOR, UTAC) où la majorité des ventes se font par les collectivités territoriales, ce sont les SDIS, services de secours ou hôpitaux. Dès la reprise et au fil des ans, Philippe Sandrin qui a engagé une démarche entrepreneuriale et environnementale forte en choisissant de conduire son entreprise vers la certification RSE ISO 26000. Il s’agit pour le dirigeant d’une formidable opportunité en se donnant des moyens supplémentaires de motiver les collaborateurs, mais aussi de gagner en notoriété et crédibilité auprès des clients et prospects.

Philippe Sandrin

Construction des véhicules de secours, une spécialité exigeante

« Nous aimons faire des choses que les autres ne font pas »

Philippe Sandrin est également un précurseur qui sait prendre des risques. Ainsi, ce qui lui a beaucoup plus lorsqu’il a racheté l’entreprise, c’est un concept original proposé par les fondateurs. Il s’agit du transfert de cellules des ambulances sur un nouveau châssis. La très grande fiabilité des réalisations TIB le permet. A une époque pas si lointaine, les collectivités locales ou les hôpitaux, qui financent les véhicules de secours, n’hésitaient pas à les remplacer en totalité. Puis la gestion des deniers publics est devenue plus contraignante. « Alors, nous proposons à nos clients de récupérer la cellule, bien construite et robuste, et de l’adapter sur un plancher-cabine neuf. Cette pratique se développe depuis 2010. La cellule repasse à l’atelier où elle est entièrement contrôlée, repeinte et bénéficie des dernières améliorations techniques. Au bout du compte, il est très difficile de voir la différence entre une neuve et une remise au goût du jour qui repart avec une garantie de 5 ans. Au bout du compte, cela représente pour les acheteurs, comptables des deniers publics, de très belles économies pour un véhicule qui repart avec une garantie de 5 ans sur ses aménagements. » explique Philippe Sandrin qui a identifié, avec ses équipes, que cela peut concerner 70 à 100 châssis par an ce qui permet à TIB de valoriser son savoir-faire. Aussi malin, d’autres planchers-cabines de secours sont également proposés, transformés en vans pour les chevaux d’occasion.

Philippe Sandrin, PDG de TIB

Un camion pour un usage spécifique carrossé par TIB pour le SNCF

Un promoteur de l’économie circulaire

Philippe Sandrin est aussi un patron visionnaire. La seconde vie des produits le passionne tant et si bien qu’il est devenu un chantre de l’économie circulaire qui fait partie de son ADN bien avant que le terme ne soit popularisé. Alors, à force d’innovations et de dynamique commerciale, son entreprise réalise chaque année de 160 à 180 véhicules de secours et 300 à 400 transformations spécifiques pour une clientèle aussi variée qu’exigeante que la SNCF ou les services de l’énergie et des télécoms. Très tôt dans l’histoire de l’entreprise, il s’est projeté dans le futur avec un bureau d’études qui occupe quatre techniciens permettant de prendre de l’avance sur les attentes des clients. En plus de la norme Iso 26000, Philippe Sandrin définit sa vision « Nous avançons vers la création d’un entreprise sociétale parce que les consommateurs de demain seront davantage responsables. Alors, nous identifions et nous nous approprions les défis avec des collaborateurs particulièrement motivés ». Ces idées novatrices mais aussi l’organisation de l’entreprise, ont permis à Philippe Sandrin, alors membre du conseil d’administration de la Fédération Française de Carrosserie, de se présenter à la présidence de la FFC Constructeurs qui est la branche industrielle d’une organisation professionnelle particulièrement dynamique, propriétaire de salons prestigieux comme Solutrans et EquipAuto et présidée depuis deux mandats par Patrick Cholton.  La réussite de cette démarche Economie Circulaire étant l’Oscar 2020 remis par le journal Usine Nouvelle catégorie Produit Responsable pour la cellule TIB.

TIB

Un véhicule carrossé pour la sécurité routièr

Quatre questions d’actualité à Philippe Sandrin

Philippe Sandrin, PDG de TIB, un homme d’actions

L’exercice du pouvoir et ses turpitudes …

Vous étiez depuis 3 ans, avant la date du 18 mars 2021, le Président de FFC Constructeurs. A l’époque, comment aviez-vous analysé l’enjeu avant de vous présenter puis d’être élu ?

PHILIPPE SANDRIN : Je pense qu’il est très important de développer une gouvernance des instances professionnelles avec des personnes qualifiées, motivées et qui ont une vision à long terme. Je pense être celui-là en ce qui concerne la branche Constructeurs de la FFC, car je suis également totalement engagé dans l’entreprise que j’ai développée. La Fédération Française de Carrosserie rassemble trois branches parfaitement complémentaires, carrossiers réparateurs, carrossiers industriels et équipementiers proposant à la fois des équipements techniques et des produits comme les peintures. Je pense que les équipementiers représentent un liant efficace entre nous, car ce sont des interlocuteurs qui se projettent en permanence dans l’avenir et qui nous permettent d’évoluer. Ainsi, dès mon arrivée comme Président de la branche constructeurs j’ai proposé à certains d’entre eux de nous rejoindre comme membres associés afin de favoriser notre proximité. Cela a très bien fonctionné.

Avec le recul, pensez-vous que votre arrivée à la tête de FFC Constructeurs soit bénéfique ?

PHILIPPE SANDRIN : Les chiffres parlent. En trois ans, nous avons augmenté le nombre d’adhérents de 20% et notre compte d’exploitation est positif de 500 000  € ce qui n’est pas arrivé depuis 2010. Malgré la crise, FFC Constructeurs est sur une voie très positive avec un mode relationnel qui est apprécié de la majorité des adhérents. Après dix ans de résultats négatifs, en 3 ans notre chambre syndicale a les moyens, aujourd’hui, d’engager de nouvelles compétences. Cela permettra de participer aux colloques techniques des nouvelles énergies et des véhicules autonomes et aider nos adhérents à s’engager dans des démarches industrielles comme l’électronique multiplexée qui sera un outil indispensable avec les moteurs électriques.

Vous connaissant, je suppose que vous ne manquez pas d’idées pour la suite et l’implication intacte qui est la vôtre dans la mission que vous avez acceptée en 2018 ?

PHILIPPE SANDRIN : Bien entendu. Au-delà de la crise COVID 19 qui a touché violemment notre profession, de nouveaux outils de communications sont apparus et ils nous ont permis de garder un contact avec nos adhérents et de répondre à leurs questions et inquiétudes. La règlementation WLTP   par sa rigueur et ses contraintes nous oblige à marche forcée de faire  progresser nos compétences  et la qualité de nos produits. Il  y a aussi des dossiers que l’on peut qualifier de brulants … Par exemple, en ce moment, la crise des semi-conducteurs, un composant électronique indispensable dans les véhicules, perturbe grandement les livraisons des utilitaires et cela risque de s’aggraver ce qui peut à terme être très préjudiciable à notre activité de carrossier constructeur. C’est l’une des raisons essentielles pour laquelle nous devons renforcer notre proximité avec les constructeurs automobiles, mais aussi les équipementiers, membres de de la FFC. Nous gagnerons par la solidarité et les échanges.

Comment expliquez-vous que vous ayez été écarté de la présidence de FFC Constructeurs aussi brutalement le 18 mars 2021 ? 

PHILIPPE SANDRIN : 2018 ayant été une période très conflictuelle entre notre chambre et la FFC lors du deuxième mandat de Patrick Cholton. Je ne m’imaginais pas la revivre à mon égard au sein de mon CODIR. En quelques mois, mon esprit fédérateur est devenu brutalement inacceptable à l’aube d’un vote fédéral. Pour avoir maintenu une volonté affichée d’une  relation saine et constructive avec la FFC et les autres chambres, je fus donc violemment destitué le 18 mars, et ce malgré mes résultats exceptionnels. Il y a de toute évidence une affaire d’égos et de pouvoir entre un certain nombre de membres. Ma mise à l’écart brutale et injustifiée me permet aujourd’hui de prendre du recul et d’envisager les choses différemment. Nous en reparlerons un peu plus tard. Aujourd’hui, je vais de toutes mes forces soutenir le président Cholton à pouvoir postuler pour un troisième mandat en 2022. C’est une chance pour notre fédération qu’il puisse rester le capitaine du navire FFC avec la tempête sociétale et économique que nous vivons.

Site internet de TIB

PATRICK CHOLTON : Interview exclusive

Comments 1

  1. Avatar Simoes says:

    TIB toujours à l’écoute de son client, une des clés d’un partenariat réussi. Une entreprise innovante tournée vers le futur …

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